Inventeurs, inventions et propriété industrielle

Inventeurs, inventions et propriété industrielle

C'est avec grand plaisir que nous vous dévoilons cet article rédigé par un inventeur pour le blog de Vozidees.com afin d'aider toujours plus de porteurs d'idées et de projets.

Quelles sont les étapes entre l’idée et la production d’une invention ?


Il y a 3 étapes et ces 3 étapes sont toutes importantes pour permettre de transformer une idée en innovation :

1)    L’idée : C’est la première étape, le moment où on a une idée et ce qu’il faut faire :

a)    Déposer une enveloppe Soleau à l’INPI (Institut National de la Propriété Industrielle) ou/et par un dépôt de Copyright en ligne. Cela ne protège en rien mais c’est une preuve qu’à la date du dépôt, on a eu cette idée.

b)    Réalisation d’un « monstre », c’est un prototype de validation personnel, fait avec les moyens du bord, pour permettre de valider que techniquement, cela est possible. Parfois à cette étape on trouve des améliorations de son idée et cela arrive qu’on doive refaire d’autres « monstres ».

c)    Recherche d'antériorité personnelle est un élément important pour 2 raisons :

•    voir si personne avant vous a déposé un brevet d’invention
•    avoir des modèles de rédaction de brevet.
Ce type de recherche peut se faire en ligne, sur le site de l’INPI et c’est gratuit. Il y a un élément important, c’est au niveau des mots clés, il faut aussi utiliser les synonymes et la même chose, pour les brevets étrangers.

2)    L’invention : C’est une étape importante pour un créateur qui a eu une idée, c’est à ce moment-là qu’il va devenir un inventeur, car juridiquement, pour être un inventeur, il lui faut un titre de propriété industrielle. Voici ce qu’il faut faire :

a)    Rédiger son brevet et réaliser des croquis, on peut le faire soi-même, mais si on veut être crédible devant des partenaires, il vaut mieux le faire réaliser par un cabinet en propriété industrielle.

b)    Faire un prototype de démonstration, cela peut être fait physiquement par prototypage rapide, ou virtuellement par prototypage virtuelle (3D…).

3)    L’innovation: c’est la dernière étape mais c’est souvent la commercialisation qui est la plus complexe pour un inventeur et voici ce qu’il faut faire :

a)    Le business plan, souvent rejeté par l’inventeur qui trouve cela théorique et même stupide, mais qui est pourtant un élément très important car cela permet d’analyser sous plusieurs scénarios et de trouver le bon équilibre entre le gain et l’énergie que cela va prendre à développer. Cela permet d’avoir une bonne base, la bonne direction à prendre pour développer son invention.

b)    Recherche de partenaires, de financements, etc.

Quels sont les conseils que tu donnes aux inventeurs qui souhaitent se lancer dans la longue et périlleuse aventure ?


D’être réaliste, vu le nombre de brevets déposés par an et vu le nombre d’innovations qu’il y a sur le marché, il y a très peu d’inventions innovantes qui peuvent être trouvées.

Un autre élément important, avoir la passion car souvent il y a plus de résultats négatifs que positifs et il faut vraiment croire en son projet pour tenir le coup moralement.

Avoir une très bonne idée ne veut pas dire qu’elle soit développée, une invention trop en avance dans son temps par rapport au marché ou dont le coût de production est trop élevé, etc. peut être un échec.

Aussi, une personne qui a une forte personnalité peut faire peur à ces partenaires, faites très attention à cela.

Pendant le parcourt, un échec, cela ne veut pas dire que c’est fini, bien au contraire, cela permet d’avoir des éléments et à partir de là, faire des améliorations de son invention pour permettre de le rendre compatible avec la réalité du marché.

Avoir la patience car en moyenne pour développer une invention il faut 5 ans et cela prend nonb seulement du temps mais aussi de l’argent. Cela ne sert à rien de sauter les étapes, bien au contraire, cela augmente les échecs.

Ne pas être trop gourmand, souvent l’inventeur imagine qu’il va pouvoir gagner beaucoup d’argent mais dans la réalité, ce n’est pas la même chose…
Lorsqu’on voit dans les médias, les ventes de brevets, d’une multinationale à une autre, ce n’est pas la même chose pour un inventeur. Souvent, le prix d’une licence d’exploitation d’un brevet, permet de rembourser ses frais et de toucher entre 5 à 7 % de royalties, sur le prix sortie usine et non pas sur le prix de vente.

Comment faut-il protéger son invention (propriété industrielle) ?


Il y a deux directions, tout dépend des moyens financiers de l’inventeur:

1)    Au stade de l’idée, par une enveloppe Soleau/Copyright, avec un rapport de recherche d'antériorité personnelle (pour permettre de prouver que l’idée est nouvelle), on peut faire des démarches au secret, ne pas divulguer son idée publiquement, que par signature d’un accord de confidentialité, qui permettra de prouver qu’à la date de la signature, on a divulgué l’idée. Cela permet de trouver des partenaires industriels ou financiers pour le financement du brevet d’invention.

2)    Au stade de l’invention, déposer une demande de brevet national à l’INPI, je conseille de le faire réaliser par un cabinet en propriété industrielle, le meilleur moyen d’en trouver des sérieux, c’est par l’annuaire de la CNCPI (Compagnie Nationale des Conseils en Propriété Industrielle) et de ne pas avoir peur de faire plusieurs devis, par plusieurs cabinets pour faire jouer la concurrence.

Un autre élément important, il vaut mieux avoir un bon brevet national, qu’un mauvais brevet européen et être réaliste, un inventeur n’aura jamais les moyens financiers pour déposer une demande de brevet européen, sachant que tous les ans, il aura à payer les annuités du brevet et que chaque année elles augmentent. Beaucoup d’inventeurs novices rentrent dans ce piège et qu’ensuite, par manque de moyens financiers,  ils ne payent pas une annuité du brevet…  leur brevet tombe alors dans le domaine public. On ne peut pas faire marche arrière, garder le brevet national. C’est pour cela que je conseille pour un inventeur de déposer que le brevet national.

Que faut-il savoir pour être inventeur ?

Il y a deux catégories d’inventeurs :
L’inventeur amateur, qui est le plus populaire, souvent des personnes à la retraite, qui développent cela comme activité de loisir.
L’inventeur indépendant, le professionnel.
Le professionnel doit avoir ou doit acquérir les compétences de bases suivantes :
- Propriété industrielle
- Technologie de prototypage rapide et virtuelle
- Droit d’affaire international
- Technologie industrielle dans le secteur de son invention
- Connaître le marché de son invention
- Le marketing de base
- La gestion de base
- Comprendre un business plan
- La communication dans le monde professionnel et médiatique
- La réglementation du secteur de son invention, les normes, etc.
Il faut qu’il ait ces minimums, on peut aussi ajouter des modules, selon le chemin du développement, par exemple, création d’entreprise, gestion d’entreprise, etc.

Cet article a été réalisé avec l'aimable participation de Peter TEMEY qui est tombé dedans lorsqu'il était petit grâce à son père René TEMEY qui était également inventeur.

Peter est le président de l'association "Club Invention - Europe". Fondée par René TEMEY (1947 - 2009), il anime un site Internet communautaire spécialisé que vous pouvez consulter à l'adresse suivante: www.invention-europe.com, il organise également le salon « Salon Invention – Europe » de Saint-Mandé, qui aura lieu du 26 au 29 mars 2013.